Les oubliés de la grand-place - Cynthia Orain

Les oubliés de la grand-place - Cynthia Orain

Vous vous demandez comment en ayant pour but d’écrire la « romance de l’hiver », on publie un livre qui parle de grande précarité ? Quel chemin tordu a bien pu prendre le cerveau de l’auteur pour en venir à cette finalité ?

Si vous êtes sages, je vous explique.

Vous êtes sages ? OK, alors allons-y !

Il y a deux ans, alors que je suivais de près le parcours des Éditions Bookmark, leurs parutions, mais aussi leurs appels à textes, j’ai vu qu’ils cherchaient des romans pour nous tenir chaud au cœur de l’hiver.

En grande fan d’homoromance, j’ai sauté sur cette occasion, mais je me suis heurtée à deux problèmes. L’ambiance guimauve de Noël ne m’inspirait pas du tout, et en matière de romance, il y a déjà tellement de livres (et de pépites) qu’il est très difficile d’y faire sa place. J’ai donc abordé les choses sous une différente approche afin de m’extraire du schéma classique d’une histoire d’amour pour me centrer sur une thématique distincte.

À ce moment-là, j’ai entendu une petite voix dans ma tête, celle de l’autrice Soyilana.

Un jour où on discutait de Noël, elle m’a dit : « Je déteste cette fête. Je ne supporte pas de voir des gens sortir des magasins avec une tonne de cadeaux, alors que de l’autre côté de la rue, il y a un sans-abri qui serre son chien dans ses bras pour avoir plus chaud. »

En repensant à cet échange, j’y ai vu l’opportunité d’aborder un sujet qui m’intéressait, tout en sensibilisant à cette problématique.

Car, avec Les Oubliés, tout est dans le titre.

À partir de là, mon objectif était simple : rendre visibles les invisibles et écrire un roman qui marque les esprits (rien que ça).

Pour ce qui est de l’histoire, j’aimerais pouvoir dire que j’ai tout inventé de A à Z, mais ce n’est pas vrai.

Laissez-moi vous présenter mes deux protagonistes :

Un jour, alors que je travaillais comme infirmière, j’ai rencontré un garçon de dix-huit ans. Le lendemain de son anniversaire, ses deux parents l’ont rejeté et il est devenu sans-abri.

Voici Lucky.

Quelques années plus tôt, une de mes profs de lycée m’a parlé d’un schéma « classique » de la précarité. Perdre son emploi, subir un choc et être seul au monde en un instant.

Voilà Nico.

Parce qu’écrire ce livre m’a paru être trop peu, Bookmark et moi avons décidé de mettre en place une seconde action : donner les droits d’auteurs à une association. Après quelques jours de recherches, j’ai arrêté mon choix sur Toit à moi.

Cet organisme créé par Denis Casting en 2007 propose à des personnes en grande précarité des logements à prix réduit dans plusieurs villes de France (Nantes, Toulouse, Lille, Bordeaux et d’autres encore). Leur ambition n’est pas seulement d’accueillir des SDF, mais aussi de les soutenir sur la durée et d’inscrire leurs projets dans l’avenir.

 

 

 

Avec Les Oubliés de la grand-place, le but est de sensibiliser les lecteurs au problème de la pauvreté et de changer le regard que l’on porte sur les sans-domicile.

Qu’ils ne soient plus des « eux » abstraits, des « ils » sans visages.

À présent, ils seront Nico, Lucky, Ludo et Kari.

Ceux que nous pouvons tous devenir.


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