Violette Banks - Mallory

Violette Banks - Mallory

Est-il difficile d’écrire sur une ville où on n’habite pas ?

 

Non. 

Ah, vous voulez que j’élabore ? Pardon. Installez-vous confortablement.

Tout est question de recherches en amont. D’abord – même si cela paraît évident – visiter la ville sur laquelle on écrit est très important.

Toutes ne se ressemblent pas. Et je ne parle pas seulement des évidences comme les différentes architectures, mais plutôt de l’atmosphère, de l’ambiance, du flux. Quand je voyage, j’aime ne pas forcément aller aux musées. J’aime simplement me promener dans les rues comme le font les habitants, comme si je vivais ici moi aussi et que j’allais au boulot ou au café rejoindre des amis. J’aime regarder qui fait quoi. Est-ce que les gens marchent vite ? Est-ce qu’ils flânent ? Est-ce qu’ils se tiennent d’un côté du trottoir en particulier ? Est-ce qu’ils jettent leurs mégots par terre ? Est-ce qu’ils parlent fort ?

Je prends beaucoup de photos de détails. Une bouche d’égout, un tag sur le mur, un lampadaire, une porte, un trou sur la chaussée… Et, si je peux, je les place dans mon récit. Vous savez qu’on dit que les meilleurs mensonges sont ceux qui se basent sur des vérités. Eh bien, devinez quoi ? C’est pareil pour les histoires.

 

Tout le côté technique est également primordial. Comme les lignes de bus et leurs horaires pour savoir combien de temps prennent les déplacements des personnages d’un point à un autre. Je vérifie les distances sur Google Maps s’ils sont en voiture. Et même le temps de route en fonction de l’horaire pour le trafic. Quand je visite la ville, je regarde si les feux rouges sont longs. Si les gens traversent n’importe quand et se font klaxonner. Est-ce que des navettes vont à l’aéroport ? Elles se prennent où ? Quelle est la gamme de prix des hôtels ? Je regarde où ils sont sur la carte pour que, dans mon roman, je ne place pas un hôtel bas de gamme dans un quartier de luxe. Même chose pour le marché de l’immobilier et là où mes personnages louent des appartements / achètent des maisons.

 

 

Pourquoi je fais ça ? Après tout, un lecteur n’ayant pas fait ces recherches et ne connaissant pas la ville ne saurait pas que je raconte des salades.

Principalement parce que je tiens à l’authenticité. J’aime penser qu’un lecteur qui ira à Cardiff se dira « C’est comme dans le livre ! » quand il ira sur les quais et qu’il verra cette croix en fer fixée sur la façade d’un bâtiment. Est-ce qu’il y a vraiment un fightclub dedans ? Peut-être, peut-être pas. Dans tous les cas, merci de ne pas entrer dans une propriété privée pour vérifier ;)

 

Funfact : quand j’étais à Cardiff en 2018, c’était pendant la plus grande tempête de neige que le pays de Galles avait vue en 25 ans. Les Gallois l’ont appelée « Snowmageddon », en référence au film catastrophe de Michael Bay.


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